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  SELECTIONS ARBITRAIRES
QUOI DE NEUF : BAKOUNINE
Choix de textes : La Liberté
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    Nous sommes convaincus que la plus nuisible des choses, pour l’humanité, pour la vérité et progrès, c’est l’Eglise. Et peut-il en être autrement ? N’est ce pas à l’Eglise qu’incombe le soin de pervertir les jeunes générations, les femmes surtout ? N’est ce pas Elle qui par ses dogmes, ses mensonges, sa bêtise et son ignominie, tend à tuer le raisonnement logique et la science ? Est-ce qu’Elle ne porte pas atteinte à la dignité de l’homme, en pervertissant en lui la notion des droits et de la justice ? Ne rend elle pas cadavre ce qui est vivant, ne perd elle pas la Liberté, n’est ce pas Elle qui prêche l’esclavage éternel des masses au bénéfice des tyrans et des exploiteurs ? N’est ce pas Elle, cette implacable Eglise, qui tend à perpétuer le règne des ténèbres, de l’ignorance, de la misère et du crime ?
    Si le progrès de notre siècle n’est pas un rêve mensonger, il doit en finir avec l’Eglise. (Oeuvres IV)
    Socialisme et révolution.
    Cette religion de tous les esprits dogmatiques et absolus, la passion de l’uniformité qu’ils appellent l’unité et qui est le tombeau de la Liberté. (OeuvreVI)
    ....Cette harmonie est irréalisable et elle n’est même pas désirable. Cette harmonie, c’est l’absence de la lutte l’absence de la vie, c’est la mort. En politique c’est le despotisme.
    Prenez toute l’histoire et convainquez vous qu’à toutes les époques et dans tous les pays lorsqu’il y a développement et exubérance de la vie, de la pensée, de l’action créatrice et libre, il y eu dissension, lutte intellectuelle et sociale, lutte de partis politiques et que c’est précisément au milieu de ces luttes et grâce à elles que les nations ont été les plus heureuses et le plus puissantes dans le sens humains de ce mot. Cette lutte n’a point ou presque pas existé dans les grandes monarchies asiatiques aussi y a-t-il eu absence complète de développement humain.
    Voyez d’un coté la monarchie persane avec ses troupes innombrables et disciplinées, et de l’autre la Grèce libre, à peine fédérée continuellement tourmentée par la lutte de ses peuples, de ses idées, de ses partis. Qui a vaincu ? C’est la Grèce.
    Qu’elle fut l’époque la plus féconde de l’histoire romaine ? Ce fut celle de la lutte de la plèbe contre le patriciat. Et qui est ce qui a fait la grandeur et la gloire de l’Italie du Moyen Age ?
    Certes ce ne furent ni la papauté ni l’empire. Ce furent les libertés municipales et la lutte intestine des opinions et des partis.
    Je ne me fatiguerai jamais de le répéter : l’uniformité, c’est la mort. La diversité c’est la vie.
    L’unité disciplinaire qui ne peut s’établir dans un milieu social quelconque qu’au détriment de la spontanéité créatrice de la pensée et de la vie tue les nations. L’unité vivante, vraiment puissante celle que nous voulons tous c’est celle que la Liberté crée au sein même des libres et diverses manifestations de la vie, s’exprimant par la lutte : c’est l’équilibration et l’harmonisation de toutes les formes vivantes.
    Remarquez que ceux qui prêchent la paix à tout prix, l’immolation des convictions opposées aux besoins d’une union apparente et qui jettent leurs malédictions sur ce qu’ils appellent la guerre civile, sont toujours des modérés, des réactionnaires, ou au moins des hommes qui manquent eux même de conviction d’énergie et de foi. Ce sont des endormeurs, les tièdes.
    Ce sont précisément ceux qui perdent toutes les causes…
    Une bonne guerre civile, bien franche, bien ouverte, veut mille fois mieux qu’une paix pourrie.
    D’ailleurs cette paix n’est jamais qu’apparente ; sous son égide trompeuse, la guerre continue, mais empêchée de se déployer librement elle prend le caractère de l’intrigue, un caractère mesquin, misérable, souvent infâme.
    D’ailleurs il s’agit ici de guerre bien plus théorique que pratique, de lutte d’idée, non d’intérêt. Et une telle lutte ne peut avoir que des effets bienfaisants pour l’Internationale ; elle contribue nécessairement au développement de sa pensée sans porter le moindre préjudice à sa solidarité réelle, puisque cette solidarité n’est point théorique mais pratique.
    Supposons que nous veuille imposer à toutes les sections de l’Internationale, à quoi aboutirait on ? A créer une secte encore moins nombreuse et plus impuissante que celle de Mazzini.
    Si l’Internationale était moins vivace….. , les décrets de ce néfaste congrès de la Haye, incarnation par trop complaisante et fidèle des théories de la pratique marxiennes, eussent suffit pour la tuer. Ils eussent rendu à la fois ridicule et odieuse cette magnifique association, à la fondation de laquelle, j’aime à le constater, Monsieur Marx, avait prit une part aussi intelligente qu’énergique.
    Un état, un gouvernement, une dictature universelle ! le rêve des Grégoire VII, des Boniface VIII, des Charles Quint et des Napoléons se reproduisant sous des formes nouvelles, mais toujours avec les mêmes prétentions dans le camp de la démocratie socialiste ! Peut on s’imaginer quelque chose de plus burlesque, mais aussi de plus révoltant ?
    Prétendre qu’un groupe d’individus, même les plus intelligents et les mieux intentionnés, seront capables de devenir la pensée, l’âme, la volonté dirigeante et unificatrice du mouvement révolutionnaire et de l’organisation économique du prolétariat de tous les pays, c’est une telle hérésie contre le sens commun et contre l’expérience historique, qu’on se demande avec étonnement comment un homme aussi intelligent que Monsieur Marx a pu la concevoir ?
    Les papes ont eu au moins pour excuse la vérité absolue qu’ils disaient tenir en leurs mains de par la grâce du Saint Esprit et en laquelle ils étaient sensés de croire. Monsieur Marx n’a point cette excuse e et je ne lui ferais pas l’injure de penser qu’il s’imagine avoir scientifiquement inventé quelque chose qui approche de la vérité absolue (Œuvre IV)
    Je conçois à la rigueur que les despotes couronnés ou non couronnés aient pu rêver le spectre du monde ; mais que dire d’un ami du prolétariat, d’un révolutionnaire qui prétend vouloir sérieusement l’émancipation des masses et qui, en se posant en directeur et arbitre suprême de tous les mouvements révolutionnaires qui peuvent éclater dans différents pays, osent rêver l’assujettissement du prolétariat de tous ces pays à une pensée unique, éclose dans son propre cerveau !
    Je pense que Monsieur Marx est un révolutionnaire très sérieux, sinon toujours très sincère, qu’il veut réellement le soulèvement des masses ; et je me demande comment il fait pour ne point voir que l’établissement d’une dictature universelle, collective ou individuelle, d’une dictature qui ferait ne quelque sorte la besogne d’un ingénieur en chef de la révolution mondiale, réglant et dirigeant le mouvement insurrectionnel des masses dans tous les pays comme on dirige une machine, que l’établissement d’une pareille dictature suffirait à lui seul pour tuer la révolution, pour paralyser et pour fausser tous les mouvements populaires ?
    Quel est l’homme, quel est le groupe d’individus, si grand que soit leur génie, qui oserait se flatter de pouvoir seulement embrasser et comprendre l’infinie multitude d’intérêts, de tendance et d’action si diverse dans chaque pays, dans chaque province, dans chaque localité, dans chaque métier, et dont l’ensemble immense, uni mais non uniformisé par une grande aspiration commune et par quelques principes fondamentaux qui sont passés désormais dans la conscience des masses, constituera la future révolution sociale ?
    Et que penser d’un congrès international qui dans l’intérêt soi-disant de cette révolution, impose au prolétariat de tout le monde civilisé un gouvernement investi de pouvoirs dictatoriaux avec le droit inquisitorial et pontifical de suspendre des fédérations régionales, d’interdire les, nations entières au nom d’un principe soi-disant officiel et qui n’est autre que la propre pensée de Monsieur Marx, transformé par le vote d’une majorité factice en une vérité absolue ? (Œuvre IV)

Les illusions du suffrage universel

    Le suffrage universel dis je, est l’exhibition à la fois la plus large et la plus raffinée du charlatanisme politique de l’état ; un instrument dangereux et qui demande une grande habileté de la part de celui qui s’en sert, mais qui, si on sait bien s’en servir, est le moyen le plus sur de faire coopérer les masses à l’édification de leur propre prison .Napoléon III a fondé toute sa puissance sur le suffrage universel, qui n’a jamais trompé sa confiance. Bismarck en a fait la base de son empire knouto-germanique (Œuvre III)
    La vérité, reconnue aujourd’hui par les despotes les plus sots, que les formes dites constitutionnelles ou représentatives ne sont en aucune façon un obstacle au despotisme étatique, militaire, politique et financier ; au contraire, elle légalise le despotisme et, lui donnant l’apparence d’une administration populaire, elles peuvent augmenter considérablement sa force et sa puissance intérieure.
    Libertés Collection dirigée par Jean-françois Revel
    Bakounine La Liberté Présentation et notes de François Munoz
    Jean-Jacques Pauvert Editeur
    Achevé d’imprimer le 25 Avril 1965 sur les presses de l’imprimerie Bosch à Utrecht (Pays -Bas) pour le compte de Jean-Jacques Pauvert éditeur N° éditeur : 441
    Dépôt légal 2 ème trimestre 1965

Qu’ils en soient tous remerciés !

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